Le CNAFAL (Conseil National des Associations Familiales Laïques) est une organisation familiale progressiste et laïque qui représente les familles auprès des pouvoirs publics.
Le CNAFAL bénéficie :
de l'agrément UNAF (Union Nationale des Associations Familiales)
de l'agrément consommation délivré par le ministère de l'Économie et des Finances
La famille est le lieu où convergent l'ensemble des problèmes auxquels notre société est aujourd'hui confrontée: habitat, protection sociale, santé, ressources économiques, consommation. Le champ familial, parce qu'il recouvre tout ce qui touche à l'humain est donc un secteur privilégié pour prendre en compte l'ensemble de ces questions et y proposer des réponses.
Le CNAFAL, créé en 1967, a pour but l'étude et la défense des droits et des intérêts moraux et matériels des familles et de chacun de leur constituants, quelles que soient les formes et les réalités sociales de ces groupes d'humains.
La laïcité et la solidarité constituent le terrain sur lequel s'enracine le CNAFAL.
Le CNAFAL est une organisation progressiste et laïque qui veut promouvoir une conception de la famille respectueuse des droits de chacun de ses membres. Pour lui, la famille est une communauté d'êtres humains, qui expriment, dans leur comportement et leurs engagements, leur attachement aux notions de respect de l'autre, de tolérance et de solidarité. Cette entité est un espace de vie en commun où les droits de chacun, ceux définis par la loi, mais aussi ceux que créé et nourrit l'attachement de ses membres, constituent dans leurs articulations la réalité familiale.
Chacun est un, une personne ne vaut pas plus qu'une autre et chacun a le devoir de défendre les droits de tous les autres.
La formation des premières associations familiales remonte à la fin du 19ème siècle, sous l'impulsion des églises protestantes (1872), puis catholiques (1905).
Ces associations s'intéressaient prioritairement aux familles nombreuses.
Les premières initiatives gouvernementales relèvent d'un souci général de démographie (réduction de la mortalité infantile et encouragement à la natalité).
C'est en 1940 que le gouvernement du Maréchal Pétain crée le Premier Ministère de la Famille. Et c'est pendant la deuxième guère mondiale et sous l'occupation que se créent un certain nombre des Associations familiales qui existent encore. En ce temps là, la devise nationale, comme chacun s'en souvient, substituait "Travail - Famille - Patrie" au "Liberté - Égalité - Fraternité" de la révolution Française.
Le 29 décembre 1942 et le 3 décembre 1943 des règlements d'État mettent en place un réseau d'Associations familiales chargé de représenter l'ensemble des familles devant les Pouvoirs Publics. Chaque association était unique pour la commune ou le canton. L'adhésion n'était pas obligatoire, mais la représentation n'était ni pluraliste, ni laïque.
L'ordonnance du 3 mars 1945, signée par le Général de Gaulle et qui fixe les conditions de la création de l'Union Nationale des Associations Familiales (UNAF) prolonge les initiatives de la période précédente. Aux termes de cette Ordonnance, les associations familiales peuvent se créer et adhérer à une Union Départementale (UDAF) de façon libre et ouverte, quelle que soit leur appartenance, sous réserve d'avoir fait la preuve de leur activité et de leur développement.
Les UDAF sont réunies dans une Union Nationale (UNAF) qui a les mêmes prérogatives à l'échelon national.
L'exposé des motifs de l'Ordonnance de 1945 fixe clairement l'objectif : "Enrayer le fléau de la dénatalité" et apporter au gouvernement le "soutien sans réserve de l'opinion publique familiale".
On le voit, la législation gaullienne tentait d'adapter le vichysme aux conditions de la libération. Ce sont d'ailleurs les unions départementales vichystes qui ont constitué le cadre d'appui et d'organisation des nouvelles UDAF.
En 1956, les dispositions de l'ordonnance ont été intégrées dans le Code de la Famille et de l'Aide Sociale. L'article premier du Code de la Famille stipulait :
- que "les associations familiales groupent les familles constituées par le mariage et la filiation légitime ou adoptive, et dont le chef et les enfants sont français"
- que "les Associations familiales ont pour but d'assurer ... la défense des intérêts généraux de toutes les familles."
Il résulte de ces textes que les familles étrangères ou les familles hors mariage étaient exclues de l'institution. D'autre part, les Associations défendant les intérêts spécifiques de certaines familles n'étaient pas reconnues. Enfin, les Mouvements familiaux affinitaires (au plan religieux, philosophique ou politique) dont dépend l'essentiel du dynamisme familial, n'étaient pas représentés dans les UDAF et à l'UNAF.
Cette situation freinait le développement des Associations et par là, mettait en cause la représentativité d'une Institution qui ne groupait que quelques centaines de milliers de familles (sur 15 millions). Encore faut-il indiquer que les origines vichystes de l'institution avaient favorisé la prise du pouvoir dans les UDAF et à l'UNAF par les représentants des Associations confessionnelles et conservatrices, sinon réactionnaires. Or l'évolution de la législation sanctionnait de plus en plus une évolution profonde des moeurs, concernant la vie des couples et les rapports avec les enfants. Et il fallait, à tout prix, améliorer la représentativité réelle des UDAF et de l'UNAF sous peine de ne plus pouvoir justifier leur mission institutionnelle.
Les adaptations nécessaires ont été introduites par la loi du 11 juillet 1975 qui admet désormais :
les couples non-mariés avec enfants, les couples mariés sans enfants, toute personne physique ayant charge légale d'enfant, par filiation ou adoption, toute personne physique exerçant l'autorité parentale ou la tutelle sur un ou plusieurs enfants dont elle a la charge effective et permanente, les étrangers régulièrement établis en France, avec tout ou partie de leur famille.
les associations ayant pour but la défense de certaines catégories de familles.
chaque association ou fédération d'associations familiales conserve le droit de représenter auprès des pouvoirs publics les intérêts dont elle a assumé la charge.
L'UNAF est composée non seulement des UDAF mais encore des Groupements nationaux d'associations dont les sections ou organisations locales sont adhérentes aux UDAF.
Ces changements se sont traduits pour une certaine modification de la composition des Conseils d'administration des UDAF et de l'UNAF où la domination confessionnelle et réactionnaire s'est atténuée. En 1976, un décret du 21 avril a porté de 0,03% à 0,07% le prélèvement opéré sur le montant des prestations familiales légales pour le financement de l'UNAF. Ce prélèvement a rapporté 58 millions de nouveaux francs en 1982, il représente environ 66 millions en 1984. Les débats parlementaires qui ont débouché sur cette mesure révélèrent l'accord unanime des groupes politiques. Cette unanimité traduisait une reconnaissance de l'Institution nationale sur la base de ses nouveaux statuts.
Au lendemain de la dernière guerre, il n'y a pas eu de cohérence des laïques pour l'action sociale familiale. Quel dommage et quel préjudice pour le présent !
Pendant une décennie, un certain nombre de militants laïques "anti-unafiens ou pro-unafiens" vont se disperser et s'épuiser dans des voies non convergentes. Seul le département de la Dordogne, dès 1952, comprenait l'importance de l'utilisation de l'institution familiale et de son intérêt pour notre action. Les laïques devenaient majoritaires de leur UDAF. Ils le sont toujours !
De 1952 à 1965, une prise de conscience de quelques militants laïques et l'évolution de la Ligue de l'Enseignement vont concourir en 1967 à la naissance de CNAFAL.
Lucien Bonnet de la Dordogne et Françoise Gros de la Ligue, implanteront des associations familiales dans une dizaine de départements.
Les quinze années suivantes, le CNAFAL va concrétiser son implantation et élargis son audience.
Dès 1981, André Fortané qui a su s'entourer d'une équipe dynamique, a accompli une action résolue et tenace, et ce pendant 12 ans.
Le CNAFAL est né en 1967, à l'initiative de militants de la Ligue de l'Enseignement, des Francs et Franches Camarades, de la Fédération Cornec de Parents d'Élèves et d'autres Organisations.
Ces militants entendaient réagir contre une série de comportements d'indifférence ou de refus à l'égard de l'action familiale.
Au départ, en 1967, le CNAFAL a refusé d'adhérer à l'UNAF. Pendant 10 ans, il a mené un double combat pour :
- amener les laïques à s'intéresser à l'action familiale, dans les conditions réelles du milieu concerné.
- favoriser l'union des "familiaux de progrès".
En 1968, le CNAFAL a été à l'origine d'un rapprochement avec la CSF (Confédération Syndicale des Familles), la CNAPF (Confédération National des Associations Populaires Familiales) et la Fédération de l'Entraide des Familles Ouvrières (trois mouvements adhérents à l'UNAF, mais minoritaires en son sein). En novembre 1968, l'Union des Organisations Familiales de Progrès Social (UNOF) a été créée entre les quatre mouvements.
En 1970, des Assises Nationales communes se déroulent au siège de la Ligue de l'Enseignement. Ces Assises se donnent pour objectif la création, en 2 ans, d'un mouvement unifié. Mais la CSF et la CNAPF provenaient l'une et l'autre d'une organisation commune de tradition catholique. Elles s'étaient séparées sur des désaccords complexes et quelquefois contradictoires. Depuis lors, leurs rapports étaient restés conflictuels et méfiants.
Cet antagonisme provoqua l'échec de l'UNOF dont l'activité cessa en 1972, au lendemain même de l'adoption d'une déclaration commune de politique générale, à laquelle le CNAFAL avait beaucoup contribué.
En 1976, le CNAFAL demande à l'UNAF d'être reconnu comme mouvement associé.
Cet agrément intervient en 1977.
Nous avons demandé notre agrément comme mouvement familial à recrutement général, et comme adhérent de pleine capacité.
Cet agrément intervint en 1978. Il nous faudra attendre 1979, pour siéger au Conseil d'Administration de l'UNAF.
La Fédération Nationale des Associations Familiales Catholiques : 226 associations.
La Fédération Nationale des Associations Familiales Protestantes : 21 associations.
Deux mouvements "apolitiques" :
La Fédération des Familles de France (FFF) : 649 associations.
La Fédération Nationale des Associations Familiales Rurales : 2377 associations.
Deux mouvements progressistes d'origine catholique, et qui se sont "déconfessionnalisés :
La Confédération Syndicale des Familles (CSF) : 160 associations.
Les Associations populaires Familiales Syndicales (APF/S) : 45 associations.
Un mouvement progressiste et laïque :
Le CNAFAL : 50 associations
Il s'agit là des seuls effectifs comptabilisés à l'UNAF. Pour ce qui concerne le CNAFAL, un grand nombre de familles refusent de payer leurs cotisations aux UDAF, parce que le fonctionnement de l'institution ne leur parait pas démocratique. En vérité, le CNAFAL rassemble 15 000 familles environ, qui se structurent progressivement.
Les familles adhérentes participent aux Congrès et aux Assemblées Générales de l'UNAF. L'UNAF fonctionne en effet, en utilisant le vote familial, avec un nombre de voix variable suivant l'importance de la famille. Les mouvements familiaux en tant que tels, ne votent pas dans les Assemblées Générales, mais peuvent s'y exprimer.
L'UNAF est dirigée par un Conseil d'Administration, élu pour 4 ans, et renouvelable par moitié tous les 2 ans. Il comprend 40 membres :
12 administrateurs désignés par les mouvements familiaux à recrutement général. Actuellement : 2 administrateurs pour la FFF, les AFR, les AFC, la CSF et les APF/S, 1 administrateur pour les AFP et le CNAFAL.
6 administrateurs désignés par les mouvements à recrutement spécifiques (ils ne sont donc pas tous représentés au CA).
18 administrateurs élus par l'AC sur candidatures individuelles.
4 administrateurs élus par l'AG sur propositions du Conseil des Régions (constitué par un représentant des UDAF de chaque région administrative).
Le Conseil d'Administration national désigne un Bureau (19 membres) où tous les mouvements à recrutement général sont, à l'heure actuelle, représentés.
Les vices-Présidents ont la responsabilité d'un secteur de travail.
Chaque secteur de travail dispose d'une commission nationale qui comprend :
9 membres désignés par les mouvements
9 membres élus par l'UDAF,
9 administrateurs nationaux ou personnes qualifiées.
Ces commissions élaborent et soumettent au Conseil d'Administration des rapports et des avis sur les questions qu'elles retiennent ou qui leur sont soumises.
Crée en 1967, le CNAFAL connaît depuis 1984, un essor qui s'explique sans aucun doute par la prise de conscience des militants laïques de la nécessité de s'investir dans le Champ familial.
Jusque-là, en effet, la mouvance laïque s'était peu investie dans le domaine de la famille. Les origines du mouvement familial expliquent en partie cette réserve. Il ne faut pas oublier que c'est sous le régime de Vichy que les valeurs familiales furent exaltées et le triptyque "travail, famille, patrie" est de triste mémoire. Politique nataliste, autorité du père, respect du chef de famille, l'idéologie dominante justifiait toutes les atteintes à la liberté individuelle.
Le champ familial, déserté par les forces de progrès, est donc rapidement apparu comme le bastion des forces conservatrices et du pouvoir clérical.
Les forces laïques avaient choisi leur domaine d'intervention : l'école et le périscolaire. En effet, l'école laïque et obligatoire semblait, par excellence, le lieu de formation et d'épanouissement de l'individu et du citoyen. "L'école libératrice" permettait de compenser les inégalités de la société.
Aujourd'hui il est clair que l'école, à elle seule, ne peut répondre à tous les problèmes auxquels est confrontée notre société. Emploi, logement, santé, ... .Les difficultés rencontrées sont certes perceptibles à l'école (au point même parfois d'entraver l'action éducative), mais ne peuvent y trouver de réponse.
C'est au sein de la famille que convergent et se cristallisent l'ensemble de ces préoccupations. C'est donc en s'intéressant à la famille que l'on peut espérer apporter des réponses à ces problèmes majeurs.
De là, la nécessité de s'investir dans le mouvement familial parce que le champ familial recouvre tout ce qui touche à l'humain.